N118. Moras, la Malédiction  (Tome 2)

Philippe Lemaire
Noire 118. Moras, la Malédiction (Tome 2: Sombre Lune)
ISBN-13: 978-1-61227-829-2
240 pages - 20 euros

illustration:Philippe Lemaire


La voix était grave, se répercutait dans toute la pièce comme si elle venait de partout à la fois, et n’avait rien d’humain. Il y avait là quatre femmes et un homme – celui qui avait parlé – et il n’eut aucun mal à reconnaître la morte rousse qu’il avait contemplée dans son cercueil un instant plus tôt. Elle arborait toujours sa pâleur cadavérique, mais la peau n’était plus parcheminée et semblait pleine de vie. Même ses vêtements avaient perdu leur aspect moisi. Les autres avaient la même apparence, aussi bien les deux femmes brunes richement vêtues que la blonde, et l’homme de haute taille à la chevelure argentée avait l’air d’une sorte de Seigneur ou de Prince. La rousse ressuscitée s’aperçut soudain que le jeune chasseur posait sur elle des yeux effarés. Elle lui adressa alors un sourire qui dévoila deux canines supérieures anormalement longues et effilées, des canines comme Isha n’en avait déjà que trop vues. Il perçut le crissement du révolver de Tekoa qui jaillissait de son holster et il détourna ses yeux de la morte pour voir le chef des éclaireurs braquer son arme contre les cinq nouveaux venus. 

 
La malédiction perdurera jusqu'à la nuit des temps, jusqu'à ce que des derniers humains qui la nourrissent aient définitivement quitté ce monde. C'est d'ailleurs peut-être pour bientôt. Qui peut savoir avec cette lune qui ne cesse de quitter son orbite ?

Le peuple doit-il rester terré dans les montagnes noires par crainte de ces épouvantables moras ? Ce ne serait pas très glorieux, ce ne serait alors plus un peuple de nomades, et la chasse nécessite de déplacer le campement quand vient la belle saison de toute façon. Comment tirer quelques bisons autrement qu’en allant les chercher dans les grandes plaines ? Mais viendra-t-elle au moins la belle saison ? Rien n’est moins sûr avec cette Terre qui ne tourne plus rond et cette nuit qui dure déjà depuis plus de quatre vingt seize heures.
  
 
Après avoir revisité le mythe du vampire et de Dracula, Philippe Lemaire nous plonge dans de nouvelles aventures au cœur de l’Ouest Américain. Moras, la malédiction est en marche.